L’élégance de son apparence liée à un choix précis et réfléchi de vêtements ainsi que le souci de l’exactitude et du détail concourent à faire de ce « camarade arbitre » une personnalité fort appréciée Ses collègues directeurs de jeu mettent aussi en évidence sa disponibilité. Et même si il a quitté la capitale jurassienne pour des raisons professionnelles, il n’en est pas moins resté fidèle aux Sports Réunis de Delémont.
Nous vous proposons aujourd’hui de faire connaissance avec Angel Marchena, une personnalité qui met, depuis un certain temps, ses compétences sportives et relationnelles à disposition des candidats arbitres.
Pouvez-vous vous présenter
Domicilié à Moutier et père de deux enfants, j’ai 53 ans et je travaille en tant que secrétaire syndical chez UNIA, à Delémont.
… et retracer votre carrière sportive ?
Après avoir pratiqué le football à Delémont où j’ai évolué dans les différentes catégories juniors, je suis parti en Espagne. A mon retour, j’ai joué en IVème Ligue et, pour rendre service, après que le Centre espagnol eut engagé une équipe, à 32 ans, je me suis tourné vers l’arbitrage, en 1991…
Je me suis « pris au jeu » et j’ai gravi les échelons qui m’ont amené à officier en IIème Ligue. J’ai ensuite suivi les cours permettant de devenir instructeur et inspecteur et, depuis environ quatre ans, je participe, avec trois autres collègues, P. Gerber, S. Molina et J.-M. Tonna, à la formation des candidats arbitres.
En quoi consiste cette tâche ?
Nous apportons, aux candidats arbitres, les bases de ce qui leur permettra d’arbitrer. Nous leur présentons les 17 lois du jeu qui régissent les activités de l’arbitre, mais nous essayons aussi de leur faire découvrir les différents paramètres qui composent peu à peu le savoir-faire d’un arbitre. Et nous leur parlons bien évidemment de cette fameuse 18ème loi, celle qui bien que non écrite, influence directement les performances de chaque arbitre : la capacité de percevoir les choses, la sensibilité aux événements, la faculté de s’adapter à la situation, en un mot, ce qui relève de la psychologie.
Comment est organisé un cours pour candidats arbitres ?
Votre question est d’actualité, puisque le 20 août dernier précisément, a commencé le cours d’automne. Le premier jour a lieu un test physique auquel ont pris part 15 personnes, un nombre encourageant. Ensuite, durant le week-end du 3 et 4 septembre, il y a une formation théorique durant une journée et, le lendemain, nous explicitons et mettons en pratique tout ce dont nous avons parlé la veille. Je suis convaincu que cette formation est de qualité et que les différents aspects qu’elle présente sont très complémentaires.
En outre, tout arbitre débutant est suivi lors d’une ou deux rencontres, par un arbitre routinier qui l’entoure, l’aide et lui apporte le soutien nécessaire.
En tant qu’inspecteur, je vais voir évoluer différents directeurs de jeu, dans les catégories juniors jusqu’en IIIème Ligue, selon un plan élaboré par l’AFBJ.
En principe, chaque arbitre est « inspecté » une fois par saison et le rapport est envoyé à Berne qui décide, selon le contenu du rapport et différents autres paramètres de la qualification de cet arbitre.
Quelles sont, à votre avis, les qualités ou les facultés que doit présenter un arbitre ?
Un arbitre doit avoir une personnalité avérée. Il doit faire preuve de courage dans la prise de décision instantanée et savoir imposer son autorité par un charisme et des compétences basées sur sa maîtrise des données techniques. A ces facultés d’ordre psychiques, il doit ajouter des qualités physiques réelles qui lui permettront d’être toujours bien placé et de pouvoir prendre les bonnes décisions. N’oublions pas que le jeu, même dans les catégories inférieures, s’est accéléré de manière impressionnante.
Et l’élément principal doit être le plaisir, le plaisir de participer à une activité sportive, le plaisir de diriger une rencontre de gens motivés par une passion, le football. Le plaisir facilite beaucoup le bon déroulement des choses.
Qu’est-ce qui peut inciter un jeune à devenir arbitre ?
Lorsqu’un jeune sportif joue au football et qu’il constate qu’il n’a pas les qualités susceptibles de le faire progresser de manière significative, il peut tout naturellement se tourner vers l’arbitrage. La pratique de l’arbitrage permet à un jeune de se découvrir, de découvrir son véritable potentiel et ses qualités. Ses limites aussi, et il lui est possible de travailler sur ces limites pour progresser et acquérir une personnalité enrichie d’expériences humaines fortes. C’est une école de vie …
N’oublions pas que les arbitres se retrouvent régulièrement et qu’ils forment un groupe uni. A ce jour, l’AFBJ réunit environ 600 personnes et dans le Jura, nous trouvons quelque 125 arbitres. Les échanges entre ces « hommes-orchestres » sont riches et variés.
Comment évolue la situation ?
Franchement, elle doit inciter les divers responsables à réfléchir sérieusement : il est indispensable que chaque club fasse en sorte de pouvoir disposer du nombre d’arbitre requis. Il en va de l’avenir même de la pratique du football. Si le nombre d’arbitres se faisait insuffisant, il se pourrait que des clubs soient sanctionnés ou que des équipes soient dans l’impossibilité de joueur. Songez à une situation qui verrait des équipes juniors dans l’incapacité d’évoluer par manque d’arbitres. Lorsque l’on songe au rôle social que représente la pratique d’un sport, on saisit le risque …
Pouvez-vous nous narrer une ou deux anecdotes ?
Volontiers. Il y a environ 12 ans, alors que j’arbitrais une partie à Ostermundigen, je me suis fait piquer, en début de seconde période, par une guêpe dans la bouche. Je profitais de tous les arrêts de jeu pour boire et me rincer la bouche, devant les yeux … surpris des acteurs, auxquels j’ai expliqué la situation à l’issue de la rencontre ce qui s’était passé. Je sentais ma joue enfler et j’éprouvais de la peine à souffler et à parler…
Une autre fois, peu après que j’eus reçu un magnifique sac de sport, j’ai soigneusement « transvasé » toutes mes affaires dans ledit sac et, après un échauffement effectué avec des chaussures de course à pied, je me suis aperçu que j’avais oublié de prendre mes … souliers de football. Je me suis alors adressé au gardien local qui m’en a gentiment prêté une paire … Alors que je chausse du 43, il s’agissait de souliers de 41… Je ne vous parle pas de l’état de mes pieds à l’issue de la rencontre…