Pièce maîtresse de la défense, qu’il dirige depuis quelques années, il rassure par le calme et la clairvoyance qu’il dégage. Lorsqu’il « monte », pour prêter main forte à ses attaquants, il marque parfois des buts extrêmement importants. Homme d’’expérience, il sait encourager ses partenaires lorsqu’il le faut ou rappeler telle ou telle consigne pour le bien de l’équipe. En ce début de saison, c’est lui qui a pris la parole pour haranguer ses partenaires et les rendre attentifs aux défis qui les attend.
Derrière ce profil rapidement tracé, les supporters auront reconnu Anthony Sirufo, l’un des joueurs essentiels de la Ière équipe des SRD.
Peu après le match disputé à Vaduz, nous avons souhaité le rencontrer et lui poser quelques questions, ce qu’il a accepté avec gentillesse et disponibilité.
Anthony Sirufo, pouvez-vous vous présenter et rappeler les étapes principales de votre carrière ?
Volontiers. Je suis né le 31 décembre 1978 et je vis à Vieux-Charmont, un village situé à côté de Montbéliard. J’ai une petite fille de deux ans et demi.
J’ai suivi le Centre de formation de Sochaux et ai disputé quelque 15 matches en Ière et II ème division, avant de rejoindre les rangs de Red Star, où j’ai évolué en IIème et IIIème division.
J’ai été transféré au F C Sion avec lequel j’ai joué trois ans. J’ai changé d’air, ai opté pour l’Angleterre puis la Corse avant de revenir en Suisse et défendre les couleurs du F C Sion puis de Meyrin. Et j’évolue depuis 4 ans avec les SRD …
Votre opinion sur le début du championnat ?
Le bilan me paraît très positif… Nous avons réalisé trois matches et avons engrangé le maximum de points. Ensuite, nous avons rencontré Lausanne, qui brille en Coupe d’Europe, et Vaduz, deux équipes qui n’appartiennent pas au même monde que nous. Il s’agit de deux équipes qui aspirent à une ascension potentielle et dont les moyens ne sont tout simplement pas comparables aux nôtres.
Comment l’équipe a-t-elle vécu la défaite enregistrée contre Vaduz ?
Il me semble qu’elle n’a pas trop affecté l’équipe et que l’état d’esprit est positif. Certes, cette rencontre nous rappelle à la réalité et il n’est jamais agréable de recevoir 6 buts, mais je crois que le groupe est solide et qu’il saura réagir comme il le convient. Le moral est bon
C’est dans ces moments-là que les joueurs d’expérience comme vous peuvent jouer un rôle déterminant…
Effectivement. Vu notre expérience et notre statut, nous devons nous montrer « irréprochables ». Je crois que nous aurons à cœur de jouer pleinement notre rôle de leaders et de tirer le groupe dans le bon sens.
D’ailleurs, les jeunes joueurs que nous entourons ne demandent qu’à apprendre, à s’affirmer et à progresser. Je suis d’ailleurs persuadé qu’ils disposent d’une marge de progression réelle.
Si vous deviez citer deux clubs qui vous ont tiennent particulièrement à cœur …
A n’en pas douter Sochaux et Sion.
Sochaux, puisque c’est à cet endroit que j’ai réalisé ma formation : j’y ai pratiqué ma passion chaque jour, y ai vécu à 100 % pour le football, en compagnie de joueurs tels que Meriem, Frau, Pedretti, Luboya et Diouf.
Et Sion, à l’époque de M. Kadji et M. Constatin. Nous évoluions en Ligue nationale A et avions un public absolument extraordinaire qui vivait sa passion avec nous. Des matches inoubliables.
La passion vous habite toujours …
Bien sûr ! J’ai toujours été professionnel et ai vécu ma passion. Je joue toujours avec le même plaisir et le défi qui nous attend cette saison est merveilleux et doit nous inciter à nous dépasser. Je dois reconnaître que je ne conçois pas la vie sans football et je suis convaincu que je serai passionné jusqu’au bout…
…et à la fin de votre carrière de joueur …
Je me verrais très bien faire partie d’un staff technique ou prendre des responsabilités dans l’encadrement de jeunes joueurs. Je suis conscient que de nombreux paramètres, que l’on ne maîtrise pas toujours, influent sur l’avenir, mais je sais que je ferai tout ce que je pourrai pour réaliser ce qui me tient à cœur.
Un regard sur le football français ?
Volontiers. Le niveau du football français est très élevé, tant du point de vue technique que tactique. Les entraîneurs ont compris que l’essentiel est de bien défendre et d’être solide, puis de jouer de manière très rapide en contre.
Une équipe nationale favorite ?
Evidemment l’Italie : Calabrais de naissance, je suis un fervent supporter de l’Italie, mais je dois avouer que l’on a sans doute « sauté » une étape. En effet, il me semble que l’on a trop fait appel à des joueurs étrangers qui ont fait briller les clubs au niveau européen, en oubliant que la formation est une dimension essentielle. Cette négligence se paye un peu actuellement.
L’Italie est un pays qui est basé sur la culture de la « gagne » : on apprend aux jeunes à gagner en leur enseignant la rigueur qui, alliée à un sens tactique très fort, génère une aspiration à la victoire extrêmement forte. On en fait des vainqueurs en puissance.
Que représente le sport pour vous ?
C’est quelque chose de primordial ! Tant pour l’individu dans son développement personnel que par sa dimension sociale. En pratiquant un sport, on apprend à se connaître, à découvrir son potentiel et à le réaliser, mais on apprend aussi à découvrir des règles, à les respecter et à les mettre en pratique. Ces deux aspects permettent à l’être humain à se sentir bien et à s’épanouir. Le but d’une vie …