Parmi les joueurs qui sont venus renforcer le contingent des SRD figure un joueur dont la gentillesse, le calme et la sérénité font merveille. Gaetan Frund, qui est apparu quelquefois en première équipe, a souvent évolué avec la réserve où son état d’esprit, toujours positif, son talent et ses encouragements prodigués à ses coéquipiers moins expérimentés ont révélé une personnalité extrêmement sympathique.
Nous vous proposons, aujourd’hui, de faire connaissance avec un joueur que d’aucuns pressentent comme l’une des prochaines pièces maîtresse des SRD.
Pouvez-vous vous présenter ?
Natif de Porrentruy, j’ai 20 ans et j’étudie à l’Ecole de Commerce, à Reinach. Au mois de juin prochain, après l’obtention de mon diplôme, j’effectuerai une maturité professionnelle, en vue de fréquenter une HES ou une HEG.
… et retracer votre carrière sportive ?
J’ai commencé à jouer au football à Porrentruy, en juniors F et j’ai porté ces couleurs jusqu’en C Inter.
Ensuite, j’ai eu la chance de pouvoir intégrer le Team Jura où j’ai joué en M15 et M 16. Parallèlement, j’ai rejoint le Centre de préformation de l’équipe suisse, à Payerne et j’y suis resté deux ans. Au terme de cette formation, j’ai été transféré au F C Bâle et j’ai joué avec les M 17 et M 18. J’ai fait un bref passage à YB, avant d’évoluer, durant 18 mois au F C Laufon, qui militait en Ière Ligue. Au début de championnat, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le club de la capitale jurassienne et je n’ai pas raté cette occasion.
Comment est organisé le Centre de préformation de Payerne ?
Les juniors restent deux ans, comme indiqué plus haut. La première année, ceux qui arrivent s’entraînent avec des adolescents plus âgés d’une année et, l’année suivante, la situation est inversée. L’entraînement est quotidien et je me souviens très bien des deux formateurs, M. J. Erbach et M. M. Mora. Les adolescents vivent dans une famille d’accueil et je dois reconnaître que j’ai très bien vécu ce qui se révèle être néanmoins un dépaysement réel. Le week-end, chaque joueur rejoint son équipe, en l’occurrence, pour moi, le Team Jura.
Durant cette période, j’ai côtoyé Ben Kalifa, qui a été champion du Monde avec les M17, a été transféré en Allemagne, à Wolfsburg, avant de revenir en Suisse et de jouer avec le club de la ville fédérale.
Comment s’est déroulé votre arrive à Delémont ?
Je me sens très bien dans ce club où j’ai eu la chance d’être accueilli au mieux. J’ai été parfaitement intégré dans un club soudé où il fait bon jouer et s’entraîner. L’ambiance est très bonne et nous avons la chance de pouvoir bénéficier de conditions d’entraînement excellentes.
En outre, j’apprécie particulièrement la manière dont le public, nombreux et fidèle, nous encourage. Lors du match que les SRD ont disputé contre Saint- Gall, j’ai suivi la rencontre dans les tribunes et j’ai pu évaluer la qualité du soutien que nous prodiguent les spectateurs. Je crois que nous avons une chance que nous devons estimer à sa juste valeur.
Vous avez évolué la plupart du temps avec la IIème équipe. Est-ce un motif de déception ?
Pas du tout ! Ce qui m’importe, c’est le temps de jeu et le plaisir de pratiquer mon sport favori. Si je puis prêter main forte à la jeune et talentueuse équipe dirigée par V. Ducommun, j’y trouve une forme de satisfaction réelle.
Comment voyez-vous la fin de saison ?
Il ne fait aucun doute que la fin de la saison sera difficile : nous savons exactement ce qui nous attend et je crois que nous sommes prêts à faire tout ce dont nous sommes capables pour relever ce défi. Je suis persuadé que nous avons les moyens de nous maintenir en Challenge League et si nous savons faire montre de « grinta », nous répondrons aux attentes que l’on a placées en nous… Nous savons tous en effet que la détermination suscite chance et réussite. Nous avons notre destin entre nos mains et le pire serait de perdre confiance en nos moyens et de douter… Nous n’allons pas rendre ce service à nos adversaires, qui ne nous feront aucun cadeau !
J’aimerais profiter de l’occasion pour rappeler le rôle déterminant que peut jouer le public : les supporters et leurs encouragements peuvent nous aider à nous transcender et à parvenir à nos fins.
Avez-vous un favori en Super League ?
Comme j’ai joué deux ans à Bâle, je suis un supporter de ce club, qui reste, à l’heure actuelle, le meilleur de Suisse et celui qui peut rivaliser avec d’autres équipes sur la scène internationale… J’en fais d’ailleurs mon favori pour le prochain titre de champion suisse.
J’éprouve aussi une certaine joie à voir évoluer dans l’élite su football suisse des joueurs tels les frères Xhaka ou Shaqiri, que j’ai pu côtoyer il y a quelque temps… Je suis conscient que tant du point de vue physique que technique, il y a une grande différence entre la Super League et la Challenge League. Il s’agit tout simplement d’un autre niveau.
Un regard sur la situation du F C Sion et celle de Neuchâtel Xamax ?
Si je puis pleinement comprendre l’attitude de Chr. Constantin, qui préserve ses intérêts et celui du club qu’il dirige, je regrette l’image véhiculée en Suisse et à l’extérieur de notre pays. Il me semble que la SFL, l’UEFA ou la FIFA auraient dû remettre une sorte d’ordre de manière plus rapide. Le sentiment d’ambiguïté et de désordre ne sert, fondamentalement, pas les intérêts du football et de son organisation.
Idem pour le club neuchâtelois : j’ai l’impression que des faits extérieurs ont nui aux résultats obtenus par l’équipe, mais je constate - et ce n’est pas une surprise – que la stabilité établie depuis peu a généré des effets positifs. N’oublions pas qu’en sport, et en football en particulier, la stabilité est un paramètre fondamental, source de sécurité et de sérénité.
Et sur la scène européenne, quel club a vos faveurs ?
Manchester United : j’apprécie tout particulièrement le football anglais, un football généreux et spectaculaire à souhait…La culture qui prévaut au sein de ce club depuis un certain temps a apporté une conception qui me plaît. Scholes et Giggs sont pour moi non seulement des exemples sur le plan du comportement et de l’engagement pour leur club, mais des exemples de longévité.
La manière dont le public applaudit tel ou tel geste des défenseurs me plaît et me paraît très gratifiant pour ceux qui bénéficient des faveurs des journalistes moins souvent que d’autres…