La brève pause automnale offerte aux joueurs de Super League et de Challenge League, qui a vu l’équipe nationale perdre ses espoirs de participer au Championnat d’Europe organisé conjointement par l’Ukraine et la Pologne, a été le théâtre de certains changements pour les SRD.
Le comité directeur a pris la décision de remercier Philippe Rossinelli, dont le départ a entraîné celui de ses adjoints et d’une partie du staff médical.
Au-delà des discussions que ces changements ont générées, des interprétations et des commentaires auxquels ont pu se livrer supporters ou simple quidam, les décisions prises représentent l’occasion d’un nouveau départ, une échéance que personne ne peut se permettre de manquer. Tous les supporters des SRD savent en effet l’importance des points engrangés avant la pause d’hiver, car ils vont conditionner de manière déterminante la reprise, suscitant sérénité ou pression accrue…
Dans ce contexte, il nous a paru opportun de donner la parole à Gilles Froidevaux, le Président des SRD.
Au terme d’une semaine particulière, quel est votre sentiment ?
Nous avons traversé une semaine difficile durant laquelle il nous a fallu faire des choix et prendre des décisions.
Au début de la saison, et malgré la décision de l’ASF de réduire le nombre d’équipes de Challenge League, nous avons affirmé que l’objectif était le maintien dans cette division de jeu. Le début de saison et les résultats obtenus n’ont pas modifié notre manière de voir et l’objectif n’a pas changé.
Lors des nombreuses discussions que nous avons eues avec Philippe Rossinelli, des divergences de vues de nature importante, voire essentielle, sont apparues, par exemple sur le contingent susceptible d’assurer, dans toute la mesure du possible, ce maintien en Challenge League. En outre, on a dû constater qu’une grosse fissure s’était insérée dans les relations entre Philippe Rossinelli et l’équipe, et que celle-ci avait commencé à douter de son entraîneur.
Ces paramètres nous ont incités à prendre une décision qui s’est peu à peu imposée.
Maintenant, cette période consacrée à la réflexion et à la prise de décision est arrivée à son terme et il faut que chacun, à sa place et dans son domaine, assume ses responsabilités. Cette démarche sera d’autant plus aisée qu’une certaine sérénité est déjà revenue, élément essentiel dans la poursuite de notre objectif.
Je me réjouis de la signature d’une convention avec Philippe Rossinelli. L’ancien entraîneur et le club admettent ainsi que la polémique doit cesser, dans l’intérêt bien compris de l’équipe.
Pour quelles raisons votre choix s’est-il porté sur Vittorio Bevilacqua ?
Nous avons eu plusieurs propositions de la part d’entraîneurs capés, dont la réputation est établie. Nous avons aussi exploré la piste régionale et nous avons porté notre choix sur Vittorio Bevilacqua pour plusieurs raisons : il connaît bien la région, qu’il apprécie d’ailleurs de manière particulière, il a déjà entraîné l’équipe et il connaît plusieurs titulaires avec lesquels il a travaillé avec succès.
A l’époque, ses compétences avaient été reconnues et sa collaboration avec le capitaine Olivier Baudry, que nous venons de désigner à la fonction d’entraîneur-assistant et que nous tenons à associer à la conduite de l’équipe, paraît assurée. De surcroît, et nous touchons un point extrêmement important qui me tient vraiment à cœur, avec Vittorio Bevilacqua nous poursuivrons notre objectif en restant fidèles à un principe que nous avons mis en évidence : chaque fois qu’il le sera possible, nous donnerons la possibilité de jouer à un jeune de la région, comme nous l’avons fait par le passé, et nous continuerons à promouvoir les talents jurassiens. Les SRD représentent le club phare du Jura et ils le resteront.
Le choix de Vittorio permet à l’équipe d’être « opérationnelle » immédiatement.
Je me réjouis également du retour de Bernard Ory à la fonction de directeur technique, qui n’a pas hésité un instant à répondre à ma sollicitation de rendre à nouveau service au club.
Se maintenir en Challenge League est une chance pour toute la région et les jeunes Jurassiens ?
Evidemment ! Songez à Bastien Hulmann, qui avait à l’époque été repéré par Bernard Ory : s’il n’avait pas évolué avec succès en Chalenge League, si l’on ne lui avait pas offert l’opportunité de faire montre de son talent, il est évident qu’il n’aurait pas été remarqué par Gérard Castella et qu’il n’aurait pas été sélectionné avec les cadres des M19 suisses…
La Challenge League est une vitrine pour la région et pour les footballeurs jurassiens. Nous en sommes conscients et cet élément conduira toujours notre politique.
Engagerez-vous encore des renforts ?
En plus de l’engagement de Sid-Ahmed Bouziane, un milieu de terrain ayant joué dans plusieurs clubs de Challenge League, nous espérons trouver un attaquant. La marge de manœuvre est toutefois bien limitée : rappelons que le délai pour engager un joueur était fixé au 30 septembre, de sorte que nous ne pouvons transférer, actuellement, que des joueurs qui sont au chômage…
Quel message souhaitez-vous présenter aux supporters qui ont suivi avec une attention toute particulière les récents événements ?
J’aimerais les rassurer et leur répéter que nous avons tenu à privilégier l’objectif que nous nous sommes fixés. La décision semble avoir été prise de manière abrupte, mais elle est le résultat d’une réflexion qui a occupé nos esprits un certain temps.
Nous avons souhaité faire coïncider ce changement avec la pause de deux semaines consacrée à la Coupe de Suisse et au match de l’équipe nationale, de manière à perturber le moins possible l’équipe.
Il fallait agir de manière à permettre à l’équipe de montrer son potentiel et ses intentions jusqu’à Noël. C’est ce qu’a souhaité faire le comité directeur.