Si les gens se rendent assurément au stade pour assister à un spectacle sportif, ils y vont aussi pour échanger et se retrouver autour d'une limonade, d'un café bien fort ou d'une panachée bien fraîche. A Delémont, à la Blancherie ou aux Prés-Roses, les spectateurs ont l'occasion de rencontrer Max Cuna, une figure sympathique et chaleureuse qui veille à répondre aux désirs et aux attentes de chacun.
Après avoir travaillé à la coutellerie et chez Honegger, Max , domicilié à Châtillon depuis trois ans et père de trois enfants, Max vient de fêter son cinquantième anniversaire. Depuis cinq ans, il est responsable, avec son épouse Geneviève, de la buvette des Prés-Roses et gère " l'espace VIP" de la Blancherie, où son travail consiste à recevoir les personnes et à faire en sorte qu'elles assistent aux rencontres dans les meilleures conditions possibles. Et il s'investit au maximum pour que ces instants se révèlent aussi conviviaux que possible.
Quel regard jetez-vous sur ce début de saison ?
J'ai l'impression que la saison a bien commencé même si nous avons été éliminés de manière prématurée de la Coupe de Suisse…En fait, les défaites contre Malley et Rapperswil, deux équipes qui ont brillé la saison passée, nous ont permis de nous situer et de prendre conscience de notre valeur réelle. Contre Wangen, aux Prés-Roses, l'équipe a livré un match remarquable et ce fut un plaisir fantastique d'entendre les spectateurs crier et encourager leur équipe d'une seule voix … On ressentait un soutien total, une unanimité derrière la Première, ce qui, espérons-le, se répétera souvent à la Blancherie…Le supporter assidue et de longue date que je suis a particulièrement apprécié.
Et le reste de la saison ?
Après la saison dernière, que l'on peut qualifier de saison de transition, on peut, grâce aux quelques petites retouches qui ont été apportées par les dirigeants, espérer un championnat encore meilleur et nourrir de réelles ambitions. Participer aux finales d'ascension représenterait un beau résultat, mais n'est pas un but en soi. A mon sens, l'essentiel est de construire une équipe stable et solide, dont l'ossature et la structure vont durer… Patience vaut mieux que précipitation.
Votre fonction vous offre une situation particulière aux Prés-Roses …
Effectivement. J'occupe une place qui me permet de voir et de vivre de l'intérieur des événements que les autres voient de l'extérieur. Je suis un privilégié, qui assiste à un très grand nombre de situations, sportives et humaines, et qui entretient des contacts et des relations avec toutes les personnes qui fréquentent les Prés- Roses.
Ainsi, j'ai le plaisir de recevoir, assez régulièrement, pour un repas d'avant-match les joueurs de la Première. C'est J. Gigandet qui avait institué cette coutume, qui a été reprise par ses successeurs, M. Hottiger, V. Bevilaqua et Ph. Rossinelli …
Je côtoie régulièrement le staff technique, mais aussi les entraîneurs de toutes les équipes qui s'arrêtent, racontent ce qu'ils vivent et échangent. Ces contacts s'avèrent extrêmement enrichissants et j'apprécie particulièrement la diversité des opinions exprimées : les gens sont vrais et viennent pour vivre des moments de convivialité…
Je me trouve au milieu de la vie du club et je ressens ses pulsations: moments de joie et de déception …
J'essaie de répondre aux attentes et d'être à l'écoute de tous…
Les nombreuses salutations que je reçois lorsque je me promène à Delémont m'incitent à penser que les gens apprécient ma manière de faire.
Que représente le foot pour vous ?
Il s'agit avant tout d'une rencontre, d'une occasion de partager et de passer un moment convivial… Certes la compétition est considérée parfois comme l'aboutissement de l'activité sportive, mais, pour moi, le football représente une occasion d'offrir du plaisir et du bonheur au public. Si je songe aux débordements auxquels on assiste à l'étranger mais aussi en Suisse, je dois reconnaître que l'on est bien loin de ces moments de joie…Et cela me dérange profondément…
En outre, les salaires surdimensionnés pratiqués dans certains pays laissent un goût amer: songeons aux spectateurs qui, parfois se privent durant la semaine, pour assister à une rencontre… Quelle disproportion !
Quel rôle peut jouer le sport, dans une société ?
Il me semble que le sport reste sans aucun doute une école de vie… Il permet non seulement d'avoir une hygiène de vie mais aussi de se sentir responsable de ce qui peut influencer positivement son existence. De plus, la fréquentation de personnes de toutes conditions, de toutes provenances et de tout bord politique représente autant de possibilités de s'ouvrir et de s'enrichir.
Les valeurs que l'on pratiquer en s'adonnant à une activité sportive, respect de l'autre et de soi-même ainsi que goût de l'effort, sont celles qui font cruellement défaut à notre société …