Qu'il est agréable de s'entretenir avec M. Monnerat: le verbe choisi et précis donne forme à des idées pondérées et sereines. A la retraite depuis 1991, il a jeté un regard sur un passé encore bien récent et sur un avenir qu'il souhaite heureux au club qu'il a présidé …
Après avoir œuvré en tant que caissier, membre du comité et de la Commission de jeu, j'ai été appelé à la Présidence des SRD en 1974 et j'ai dirigé le club jusqu'en 1981. J'en garde d'excellents souvenirs: nous avons vécu de très belles saisons et avons tenté à trois reprises l'ascension en Ligue nationale B, malheureusement sans jamais parvenir à nous hisser dans la catégorie supérieure. J'y ai côtoyé des personnalités intéressantes et attachantes telles J.-Cl. Bailat, A. Hauert et j. Cl. Hirt.
Ensuite, présenté par les SRD, j'ai fait partie du Comité de 1ère Ligue et j'y ai travaillé durant 13 ans, une expérience extrêmement enrichissante qui m'a permis de rencontrer des jeunes gens qui allaient devenir d'excellents footballeurs. Je pense en particulier à J. Vogel, l'ancien capitaine de l'équipe suisse, à S. Fournier qui assume la responsabilité de chef technique au Servette FC ou à P. Müller qui vient de signer un contrat de deux ans avec l'AS Monaco. Les différents voyages que j'ai pu effectuer avec eux m'ont révélé des garçons attachants et très sympathiques.
J'ai aussi présidé la Commission technique des SRD
Lorsque vous songez au Parc des Sports que pensez-vous des installations actuelles ?
J'ai fait partie de la Commission de construction des installations de la Blancherie. Composée au début de délégués des différentes sociétés concernées, elle a pris par la suite une tournure politique et je crois que nous avons réalisé du bon travail: il a fallu fixer des priorités et c'est le stade de football qui a été accompli en dernier, après la piscine, les halles et la piste d'athlétisme.
Certaines personnes regrettent un peu l'ambiance qui prévalait parfois dans l'enceinte du Parc des Sports…
Il est bien évident que le stade de la Blancherie ne permet pas l'ambiance que nous avons connue parfois …La conception du stade elle-même, avec sa piste d'athlétisme, empêche une communion réelle avec le public, de par l'éloignement qu'elle provoque entre les joueurs et le public.
Un stade qui ne correspond plus à certaines normes …
Effectivement. Il me semble néanmoins que l'ASF exagère dans ses exigences: certaines mesures me paraissent bien excessives et , si ma mémoire est bonne, il n'y a jamais eu de problèmes à Delémont … En tout cas, l'évolution en 25 ans s'avère impressionnante …
Quel effet les installations de la Blancherie ont-elles eu sur les jeunes gens de la région ?
Elles ont permis et permettent indéniablement à des enfants et adolescents de pratiquer le sport qui leur convient. Si je grossis un peu le trait, il y a quelques décennies, les jeunes gens n'avaient guère le choix qu'entre le football et la gymnastique, dans le domaine sportif. Actuellement, on peut quasiment affirmer qu'il est possible de s'adonner à chaque sport dans notre région. Toute la population peut en profiter.
Evolution que vous avez aussi remarquée dans la politique du club …
Oui. A l'époque, alors que l'équipe militait en 1ère Ligue, la très grande majorité des joueurs provenait du Jura. Ensuite, parallèlement aux ascensions dans les divisions supérieures, de nombreux joueurs venus de l'extérieur ont renforcé la première équipe. Il me semble cependant que, dans le même temps, on n'a pas formé et intégré, comme on aurait pu le faire, des joueurs de la région qui auraient pu former peu à peu l'ossature de l'équipe. De ce point de vue, il m'apparaît que l'on a un peu raté le coche.
Je note avec plaisir que l'entraîneur actuel, Ph. Rossinelli, a intégré des joueurs très jeunes – 17 ans – dans son contingent et qu'il leur offre la chance d'évoluer en 1ère Ligue.
Acceptez-vous de nous livrer quelques souvenirs et anecdotes ?
Volontiers. Je me rappelle avec plaisir la collaboration merveilleuse avec des personnalités et des entraîneurs tels J. Hoppler , qui a été international amateur, et E. Bai. D'ailleurs, ce qui se arrive actuellement à l'équipe de Ph. Rossinelli me rappelle ce qui s'était produit avec les joueurs dirigés par E. Bai. Après six rencontres, nous ne comptions qu'un seul point. L'équipe dirigeante et les joueurs s'étaient réunis et, après une discussion vive, tonique et riche, nous avions accompli un parcours exceptionnel au point que nous avions disputé les finales d'ascension…
Alors que le Centième anniversaire se profile, quel souhait voulez-vous exprimer ?
Il est impératif que la première équipe se ressaisisse et qu'elle montre les qualités qu'elle possède indéniablement. L'anniversaire qui s'annonce ne peut se fêter qu'avec une équipe qui soit bien classée. Je suis d'ailleurs persuadé qu'elle en est pleinement capable et j'ai confiance.
Allez-vous participer à la fête de centième anniversaire ?
Oui, nous préparons une exposition qui aura lieu en juin et qui sera présenté à l'Artsenal un lieu accueillant et propice à ce type de manifestations. A ce sujet, si nous disposons pour l'instant d'un nombre certain de photos et de documents, nous recherchons des pulls ou des maillots…Si quelqu'un peut nous aider …
Voulez-vous nous confier un souvenir particulier ?
Avant la rencontre que nous avons disputée dans le cadre de la promotion à Gambaragno, le Président du club local, voyant les supporters jurassiens envahir la pelouse et craignant des dégâts, est venu trouver les responsables de l'équipe.
Jean-Claude Bailat et moi-même avons alors écarté les bras et avons marché en direction des supporters en les priant de quitter le terrain. Tous les supporters nous ont obéi et ont quitté la pelouse avec calme… Quel exemple !